La désillusion environnementale des encres végétales

Publié par Clément le

La désillusion environnementale des encres végétales.

femme colorée d'encres végétales

La crise sanitaire que l’on connait aujourd’hui doit nous faire prendre conscience de notre impact sur l’environnement, et doit être un accélérateur du changement de notre système.

60% des espèces vivantes ont été exterminées à cause de notre activité.

Le marketing est le deuxième plus gros budget mondial, et toujours un des plus polluants. Tous les produits que nous achetons sont couverts d’emballages inutiles pour faire apparaitre les marques. Certains fabricants d’emballages ont donc adopté l’impression végétale pour greenifier leur activité et nous faire croire que leurs emballages sont écologiques.

1. La signification des certifications encres végétales

Il est intéressant de comprendre comment sont évalués les imprimeurs certifiés « écologiques » pour mieux évaluer leur crédibilité.

Les encres végétales certifiées « Imprim’vert » ou encore « Print Environnement » n’utilisent par définition pas d’hydrocarbures ou de métaux lourds.
En aucun cas, ces mêmes encres ne sont interdites d’utiliser des produits reconnus comme étant « Polluant pour l’environnement », par exemple*.

Les autres critères d’admissions ne paraissent qu’illusoires, comme par exemple d’utiliser des produits moins polluants, de garantir une élimination conforme des déchets dangereux, ou encore de sensibiliser le personnel.

Comment peut-on s’imaginer être efficace quand les objectifs fixés ne sont mesurables ?

La crédibilité de ces certifications se retrouve affaiblie par ses propres critères d’admissions, qui ne sont, sans aucun doute, pas assez engageants et sincères dans leur démarche écologique.

« Favoriser l’utilisation de produits moins dangereux » n’apporte aucune information sur la dangerosité des produits utilisés, par exemple**.

Les engagements qui ne sont pas mesurables, ne seront forcément pas atteignables.

On comprend facilement que cette démarche n’est pas vertueuse et n’apparaît donc pas comme étant une solution éco-responsable.

Finalement, ces labels sont davantage des instruments marketing pour générer plus de chiffres, accroitre la visibilité des imprimeurs, et donner bonne conscience aux consommateurs, que des solutions d’encadrement de bonnes pratiques.

Si nous continuons de prendre des décisions trop peu engageantes, et de mentir aux consommateurs, il n’y aura jamais d’efficacité écologique et nous participerons toujours à la destruction de notre environnement.

Source * : Imprim’Vert

Source **: Print Environnement

2. L’origine des encres végétales

Aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, une ressource renouvelable n’est pas forcément éco-responsable.

Les encres végétales sont généralement composées entre 30 et 70% d’huile de palme, de lin et de colza notamment. Ces huiles végétales en elles-mêmes pourraient potentiellement posséder un bilan écologique plus efficace que les huiles issues d’hydrocarbures, notamment s’il n’y avait pas d’huile de palme. Mais est-ce vraiment écologique tout cela ?

Les huiles de palme sont directement liées à la déforestation de centaines de milliers d’hectares dans les forêts tropicales d’Asie du Sud-est (Indonésie, Sumatra, Malaisie, etc.). La culture de palmiers a décimé plus de 90% des forêts tropicales des principaux pays producteurs. L’habitat naturel des animaux sauvages et la biodiversité continuent d’être détruits chaque jour à cause des cultures de palmiers.

La déforestation a aussi un impact direct sur les changements climatiques puisqu’il favorise l’augmentation de gaz à effets de serre en empêchant les forêts tropicales de capter le C02.

La concurrence avec les encres minérales tire le prix des encres végétales vers le bas. Pour espérer être concurrentiel et rentable, les encres végétales doivent intégrer dans leur composition des éléments issus de l’exploitation intensive et de la déforestation, notamment.

L’huile de palme sera alors mélangée avec de l’huile de lin, de soja, qui seront, eux aussi, certainement issus d’une exploitation intensive à base d’additifs et de répulsifs chimiques, d’irrigations intensives, ou encore issus de plantations génétiquement modifiées.

3. L’impact des encres végétales sur les terres agricoles

Dans le meilleur des cas, les champs de colza sont cultivés en France. Cependant, son exploitation n’est pas sans conséquence et notamment lorsqu’il s’agit de végétaux utilisés à des fins non-alimentaires. Ces cultures empiètent sur les terres arables au détriment donc des cultures alimentaires.

Le modèle actuel nous montre ses limites, et nous prouve son inefficacité ne serait-ce que pour répondre aux besoins primaires de l’humanité, à savoir : manger à sa faim.

En France, nous utilisons plus de 500.000 hectares pour cultiver le colza, pour un usage non-alimentaire (encres végétales et bio-carburant notamment).

Mais alors, quel est leur impact réel sur notre environnement ?

La France n’a toujours pas banni les pesticides, fongicides, et insecticides qui détruisent la biodiversité de notre nature, et polluent les nappes phréatiques.

Ces végétaux sont, certes, naturels, mais leur exploitation se fait encore généralement dans des cultures intensives qui utilisent des moyens chimiques destructeurs de l’environnement. Leur impact environnemental et sur notre santé est difficilement estimable, tant il est important. Nous pouvons affirmer avec certitude que ces cultures intensives participent à la disparition des abeilles pollinisatrices, entre autres.

Pour info, les abeilles rendent un service gratuit à l’Homme estimé à 150 milliards de dollars en 2005, en pollinisant nos arbres fruitiers et nos fleurs pour nous apporter de fruits et légumes.

4. La pénurie alimentaire mondiale

La pénurie alimentaire est un danger qui ne semblait toucher que les pays du Sud jusqu’à présent mais qui devient également une menace de plus en plus réelle pour les pays du Nord.*

De très gros pays producteurs comme la Russie (1er producteur et exportateur de céréales mondial) ou la Chine (1er producteur de blé), font des réserves massives et mettent un stop à leurs exportations. La Chine justement, a importée cinq fois plus de blé (français notamment) cette année par rapport à la même période de l’année dernière, mettant les réserves de la France en alertes**.

La mondialisation a entrainé les pays à se spécialiser dans la culture de denrée alimentaire où ils étaient le moins défavorisé, au détriment des autres cultures. Notre économie ultra-mondialisée a créé des dépendances extrêmement fortes entre les différents pays du monde pour améliorer la productivité. Mais lorsqu’un maillon de la chaine est bloqué, c’est tout le système qui en subit les conséquences.

Une question se pose alors naturellement, utilise-t-on réellement efficacement et intelligemment nos espaces cultivables ?

Sources *: LeMonde

Sources **: Christiane Lambert, Présidente de la FNSEA

Les décisions d’achat que nous prenons sont des précieux indicateurs pour les entreprises et impactent directement la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous sommes responsables de ces orientations et pouvons les influencer par notre façon de consommer.

La meilleure façon de participer au changement écologique que l’on veut de notre société, reste notre façon de consommer, en favorisant les emballages et contenants qui n’utilisent pas d’encre.

Catégories : communicationÉcologie

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